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Auteur d'histoires d'aujourd'hui, je conte à travers mes romans les malheurs de quelques personnages habités d'une conscience tourmentée. Clermont-Ferrand et ses rues sombres reste le théatre de leur déambulation.

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lundi 1 janvier 2018

UNE PROMESSE EST UNE PROMESSE


J’avais dit dans un de mes derniers commentaires que je reviendrai poster un autre article le 1° janvier 2018. Et je suggérais même que cela pourrait me donner l’envie de faire revivre ce blog.

Las, les semaines et les mois passent et mon plaisir à naviguer sur le Net s’effiloche comme ma chevelure sur mon crâne. Non ! Décidément, cette société numérique, cette transformation digitale qui révolutionne nos relations me laisse perplexe à défaut de m’ennuyer. Suis-je en train de m’exclure tout doucement de ce monde qui bascule irréversiblement vers un autre âge ? Oui ! Et je le revendique.

Il y a moins d’un mois, des invités sur une radio nationale débattaient de la neutralité du Net suite aux projets américains voulant restreindre la libre circulation sur Internet. Un intervenant, André Staltz, expliquait que cette neutralité n’existait plus depuis longtemps et que nous devrions aujourd’hui parler de « Trinet ». Cette « Trilatérale » constituée de Google, Amazon et Facebook représente plus de 70% des connexions sur le web. Parce que d’accès gratuit, ces plus grosses richesses mondiales ont réussi à nous faire renoncer à notre liberté. Nous ne nous posons même plus la question d’utiliser d’autres moteurs de recherches (Ecosia, Lycos, Safari…) et avalons sans broncher toutes les publicités et publications que nous n’avons pas choisies. Nous ne sommes que des marchandises dont la seule utilité et de faire tourner le business de ces distributeurs insatiables. Et André Staltz de conclure en rappelant que si les clients sont toujours choyés, les marchandises, par contre, sont toujours maltraitées.

Bref. Vivons comme mon voisin le bon vieux Firmin. Ce matin, inquiet de ne pas m’avoir vu parti au travail, il est venu frapper à ma porte dès huit heures. Tout ensommeillé, enveloppé dans un peignoir rouge que m’a offert une de mes maîtresses, Je suis venu lui ouvrir. Je crois que c’est la première fois que j’ai engueulé mon irremplaçable voisin.

Bonne année à vous tous… Et peut-être à bientôt.

dimanche 13 novembre 2016

COMMENT VOUS DIRE AU REVOIR


 
La vie n’est faite que de départ. Il y a huit jours, un vilain garnement me volait ma fille en l’embrassant sous le porche d’une église. Deux jours plus tard, c’est Léonard Cohen qui quittait définitivement notre monde.

J’avais découvert ce taciturne poète à travers les reprises de Graham Allwright. « Suzanne t’emmène, écouter les sirènes, elle te prend par la main, pour passer une nuit sans fin… ». J’avais dix-huit ans, j’étais mal dégauchi et l’histoire de cette Suzanne un peu paumée me permettait de croire que l’amour pouvait tous nous sauver, même cette fille à moitié folle. De Léonard Cohen, j’ai aimé immédiatement sa voix grave, tendre et virile. Ses chansons, il les interprétait comme une confidence, comme si elles n’étaient destinées qu’à moi-même. Il chantait l’intime, mais par sa musique, je voyageais dans l’immensité de l’Amérique. Ce doux et mélancolique poète aurait très bien pu être Tom Morningside qui chantait la Loi de la Route dans « Un été dans l’Ouest » (suivre le lien) et que recherchait éperdument Amy Clarke.  Le sept novembre, une étoile s’est éteinte dans mon ciel intérieur.

Oui, la vie n’est faite que de départ. Ce soir aussi, je poste mon dernier article pour longtemps. Voilà bientôt six ans que j’ai ouvert ce blog et j’ai vraiment eu beaucoup de plaisir et bonnes surprises à le faire vivre. Mais depuis septembre 2014, j’ai repris la direction d’un petit journal local paroissial (« Les échos de chez nous ») qui ne prétend pas à grand-chose sauf à maintenir un lien entre une population clairsemée entre les bois et les prairies des Combrailles que j’habite. Chaque mois, j’écris l’éditorial que j’essaye de rattacher à l’actualité et aux préoccupations de mes lecteurs. Je présente aussi une personne de ce territoire, pas obligatoirement connue, mais qui aura toujours quelque chose d’unique à transmettre.

Ce job, non rémunéré, me prend beaucoup d'énergie et, malgré la qualité par des propos, de la fidélité, de la gentillesse et du respect qui vous caractérise, je n’ai plus le temps de me consacrer avec l’application nécessaire à ce blog. Je ne connais pas la plupart d’entre vous. Seuls le Vieux Firmin et Gabriel Fouquet sont des personnes que je vois régulièrement. Yesk, François Sandoval (pourquoi ce nom d’ailleurs) et Corbeau 12 ne sont pas très loin eux non plus. Reste vous autres. Il y a notre fidèle et tendre Véronique qui n’a pas manqué une seule de mes rubriques et pour qui je suis heureux d’avoir pu être une oreille attentive. Bel ardoisier, vous avez un style, une poésie et une élégance qui mérite de s’épanouir. Développez là pour l’amour de notre délicieuse langue française. XDom, Jason Arrigo, chaque fois, vos commentaires, tout en restant courtois et respectueux, ont donné à mes articles une dimension plus large que je n’aurais su le faire. J’ai une affection particulière pour les interventions de Colgate Senior qui en quatre ou cinq lignes nous fait partager son univers d’une façon particulièrement proche. Et enfin, Redresseur de torts (le vrai) que j’imagine rebelle au cœur écorché. Dommage qu’il ne soit pas intervenu plus souvent. Et puis, ceux de passage qui pour la plupart ont gardé le ton poli et léger qui nous a caractérisés.

Un pote et un peu de pain
À vous tous, merci de votre fidélité et n’hésitez pas à poster de temps à autre un commentaire sur l’un des 128 articles que j’ai publiés depuis le 10 janvier 2011. Je serai toujours là pour vous répondre et vous faire part de mon humeur. Maintenant, je retourne à mes amitiés simples et fraternelles... sans vous oublier.  

Amicalement.

dimanche 16 octobre 2016

COMMENT TE DIRE ADIEU


Isabelle Larpent-Chadeyron n’est pas une inconnue sur ce blog. En janvier 2012, je vous avais présenté Commérages et persiflages, un roman avec lequel elle avait reçu un mois plus tôt le prix du Noël des romanciers d’Auvergne. Depuis, elle poursuit son petit bonhomme de chemin en publiant régulièrement différents ouvrages auprès des maisons d’édition qui savent apprécier son talent.

Comment te dire adieu vient de paraître chez Brandon à Grenoble, une modeste petite maison d’édition tant par ses moyens que par ses ouvrages. Ses livres au format A6 ne font pas plus de 60 pages obligeant à publier ce titre en deux tomes. Mais qu’importe puisque la qualité est au rendez-vous.

Enzo, qu’on imagine cadre dans une société internationale, a fui il y a bien longtemps le petit appartement de ses parents. Étouffant auprès d’eux depuis la mort de sa petite sœur Sabine, il est parti à l’étranger, dévorer une vie au goût amer. Mais ce matin, son père lui apprend que sa mère est mourante et qu’il ne lui reste plus que quelques semaines à vivre. Cette annonce qui réveille en Enzo une multitude de souvenirs douloureux va être le point de départ d’un cheminement de compréhension et de pardon entre lui et ses parents.

Si ce sujet a été maintes fois traité, le récit d’Isabelle Larpent-Chadeyron est d’une finesse et d’une précision puissante. Aucune phrase n’est de trop et le ton, toujours juste, bouleverse par la force des mots. S’attardant à peine sur des détails périphériques (on sait peu du métier d’Enzo, de son cadre de vie), le récit s’approfondit dans les liens qui unissent ce fils à ses deux parents pour prendre une dimension universelle dans lequel chaque lecteur pourra s’identifier. N'hésitez pas à consulter le lien ci-dessous.
Un roman qui mérite amplement d’être découvert. 
 
 

mercredi 28 septembre 2016

LA MORT DU HUSSARD


Grande déprime. Les jours passent et je ne trouve pas de livres à vous parler. Et pourtant, j’ai envie un peu de bavarder. Vous êtes toujours là, fidèles, facétieux, pertinents… Et un peu canailles. Du coup, je vais vous confier une information lue il y a un peu moins d’un mois et qui m’a fortement chagrinée.

Il parait ! Oui, il parait qu’après 57 ans, les hommes risquent des accidents cardiaques en faisant trop souvent l’amour. Une fois par semaine, c’est déjà trop. Pire, les femmes ne sont absolument pas concernées par ce danger. Au contraire, plus elles pratiquent les plaisirs conjugaux, plus elles libèrent leurs hormones et mieux c’est pour leur santé et leur longévité. Damnation ! Quelle injustice ! Pensez donc, j’ai 54 ans.

Mais surtout, certaines morts s’éclairent d’un nouveau regard. « Il est mort dans son sommeil », dit sa compagne éplorée.

Mon œil ! Tu l’as usé (j’ai dit usé) jusqu’à la couenne, femme insatiable. Tu peux gémir et larmoyer devant le catafalque sur lequel repose celui qui savait si bien libérer tes œstrogènes qui devaient te garantir une plaisante longévité. Oui, tu peux le pleurer celui qui te faisait grimper au septième ciel, tu risques bien à présent de tomber au trente-sixième dessous avant de le rejoindre dans le trou.

Seul, le sage trouvera dans cette information un peu de réconfort. « Il est mort heureux », pensera-t-il. Mais mieux encore, je vois dans ce destin fatal l’exécution d’une mort héroïque. Sabre au clair, ce vétéran de l’amour a succombé en accomplissant son devoir jusqu’au bout tel un hussard de la IIIème République.

Quant à moi qui ai 54 ans, je compte les mois. Que dis-je ? Je compte les jours. Dépêchez-vous mesdames. Il vous reste trois ans si vous ne voulez pas me voir mourir en héros.  
 
PS: Les Clermontois, ne m'oubliez pas. Je suis en vos murs ce week-end.

dimanche 4 septembre 2016

LA COULEUR DES SENTIMENTS - Kathryn STOCKETT


Début des années 60 à Jackson dans le Mississippi. Skeeter, jeune fille blanche, retourne chez ses parents après être partie plusieurs années pour ses études. Issue d’une riche famille de planteur de coton, elle va rendre visite à ses amies d’enfance. La plupart sont déjà mariées et passent leurs après-midis à jouer aux cartes tandis que leurs bonnes, toutes d’origine africaine, font la nounou et le ménage. Dans ces familles blanches, on a des certitudes. Les noirs sont des humains à l’intelligence limitée qui ne savent pas maîtriser leurs pulsions. C’est donc une bonne chose qu’ils ne fréquentent ni les mêmes écoles ni les mêmes hôpitaux que les blancs.

Skeeter ne partage pas cette vision. Elle garde un souvenir tendre de la nounou qui l’a élevée et éprouve de l’amitié pour ces bonnes qu’on considère à peine mieux que des esclaves. Touchée par le mépris qu’elles supportent stoïquement, elle veut écrire un livre qui rassemblerait leurs témoignages. Mais pas facile de convaincre ces femmes qui doivent se fondre dans le décor de la maison des blancs. Car celle qui s’attire les foudres d’une de ses maîtresses n’a plus qu’à quitter la ville si elle veut retrouver du travail.

Kathryn Stockett nous raconte cette histoire parfois drôle, mais souvent bouleversante à travers le regard de trois femmes. Il y a Skeeter la blanche, mais aussi Aibileen et Minny, deux bonnes Africaines aux caractères très différents. C’est le récit d’un âpre combat pour tenter de changer les mentalités et l’issue du roman n’apporte aucune réponse.   

Une petite histoire avec des personnages émouvants qui s’inscrit dans la grande histoire de l’Amérique.           

vendredi 12 août 2016

ALLELUIA


Oui, après plusieurs semaines de silence, voici que je surgis tout à coup sur le Net telle une page publicitaire au milieu d’un film de la TNT en poussant ce cri d’allégresse : Alléluia !  

La raison en est à Alice Develey. Cette jeune femme (je ne la connais pas, mais je l’imagine jeune, jolie, sympathique et, pourquoi pas, excellente cuisinière) nous raconte des choses très intéressantes même si elle a le mauvais goût de les écrire dans le Figaro. Elle nous affirme que lire au moins 3h30 par semaine prolonge de manière significative notre espérance de vie. Mais attention, il faut lire « intelligent » et elle nous précise que cette thérapie ne marche pas avec les magazines en papier glacé. Même si vous lisez les légendes sous les photos, ça ne compte pas. Non ! Ce qu’il faut, c’est le bon vieux pavé de 800 pages qu’il soit en format poche ou non. Et ne vous tracassez pas sur la renommée de l’auteur, ça fonctionne aussi bien avec du Victor Hugo que du Harry Potter. Et là où Alice me ravit définitivement, c’est qu’elle nous assure que la lecture est plus bénéfique pour la santé que la course à pied. Mieux vaut s’allonger sur la plage avec un bon livre que suer sang et eau dans les allées des jardins publics à courir après une illusoire éternelle jeunesse.
 

Comme quoi, il faut toujours se faire confiance. J’ai toujours préféré aux baskets mes vieux livres. La lecture de Zola ou de Flaubert m’en a infiniment plus appris sur le genre humain que quarante minutes au pas de course même si c’est au cœur des volcans d’Auvergne.

Alors, nous les romanciers, que nous soyons célèbres ou inconnus, nous le savons maintenant. En offrant du rêve à nos concitoyens, nous leur permettons aussi de prolonger leur vie terrestre.

Alléluia ! Et gloire aux romanciers, les grands bienfaiteurs de l’humanité.  

PS : Et pour dispenser un peu plus de longévité, je serai à La Chaise-Dieu le dimanche 21 août après-midi au magasin Tic-Tac pour dédicacer Les prophéties de La Chaise-Dieu.

jeudi 16 juin 2016

ARRIVE UN VAGABOND - Robert GOOLRICK


Petit retour pour une chronique littéraire après plusieurs jours sombres et agités.

Le titre donne le point de départ de ce roman. Nous sommes en 1948 aux États-Unis et, dans la petite ville de Browsburg, arrive dans un vieux pick-up un vagabond nommé Charlie Beal. Personne ne le connait, mais comme il est courtois et bien élevé, il se fait embaucher rapidement chez Will, le boucher de la ville. Auprès de cet homme, il va trouver un semblant de foyer avec sa femme Alma et Sam, leur petit garçon. Ce dernier va alors s’attacher d’une manière presque filiale avec le vagabond.

À l’écart de Browsburg vit Boaty Glass. Riche propriétaire, c’est un personnage trivial et arrogant qui se mêle peu à la population. Il a épousé, acheté pourrait-on dire, Sylvan, une jeune Indienne aux yeux verts. Elle rêve d’une carrière cinématographique en se faisant les ongles et en regardant les jours filer. Tout ce petit monde vit sans histoire jusqu’au jour où la jeune femme pousse la porte de la boucherie.

Une passion dévorante va alors emporter Charlie Beal et la jeune Indienne. Dans cette petite bourgade où tout se sait, ils doivent cacher leur relation et le petit Sam va devenir le témoin-complice bien malgré lui de cet amour impossible.

C’est une histoire finalement très classique, mais dans laquelle Goolrick fouille ses personnages dans ses moindres recoins. Du petit Sam au grossier Boaty en passant par Sylvan, sorte d’Emma Bovary de l’Amérique profonde, l’auteur analyse avec un grand talent chacun des protagonistes de ce drame.

À sa lecture, j’avais reposé le livre en me disant « bof !» Aujourd’hui, en m’y replongeant pour cette chronique, je me rends compte qu’avec une simple trame et des personnages très communs, l’auteur nous plonge dans une tragédie poignante.